Métamorphoses.

Une métamorphose – du grec « metamorphôsis » – est un changement de nature ou d’état qui, dans la légende ou les récits merveilleux, s’opère par une cause surnaturelle. Cela se dit notamment des transformations par lesquelles les dieux revêtent des apparences diverses aux yeux des mortels ou font passer l’un d’eux d’une forme à une autre. C’est dans cet esprit qu’aujourd’hui, nous célébrons la métamorphose du site « Les Trois Étendards », qui change de nom et d’adresse. 

Le site « Les Trois Étendards » (lestroisetendards.com) devient mon blog personnel (raffaellobellino.blog). Les deux adresses coexisteront pendant plusieurs mois, et l’ancienne adresse vous redirigera automatiquement vers la nouvelle. Retenez toutefois le nouveau nom et la nouvelle adresse ! 

Ce changement n’est pas une palinodie (rétractation, désaveu de ce que l’on a pu dire ou faire) mais une œuvre de simplification du site, une volonté de supprimer ce qui est accessoire, de limiter le superflu, de me faire plus humble. 

Lorsque j’ai créé « Les Trois Étendards », j’avais en tête de nombreuses références : en premier lieu, un clin d’œil au roman « Les Deux Étendards » de Lucien Rebatet (un chef-d’œuvre absolu) ; en deuxième lieu, une référence aux « Exercices spirituels » (1548) de saint Ignace de Loyola (auxquels je comptais ajouter une « 3e méditation ») ; et en dernier lieu, je voyais dans le terme « étendard », qui est à la fois un drapeau de guerre et une enseigne des armes montées, le terme le plus approprié pour développer l’idée de « l’Homme qui combat, qui adopte et défend des principes » (car « étendard » signifie à l’origine – au 9e siècle – « l’action de se tenir debout de manière stable et fixe »). Bref, c’est prétentieux, pompeux, affecté, ampoulé, sophistiqué et inutilement vain. 

Tout créateur de contenu a tendance à vouloir se démarquer des autres, imposer ses opinions, afficher son originalité, défendre sa « ligne ». Je souhaite au contraire réserver ma manière de parler de moi, des autres, et des sujets que j’aborde. Je suis un homme à l’influence limitée et l’audience modeste, et il convient mieux à mon « état » de me contenter de l’essentiel et de la simplicité : le « blog de Raffaello Bellino » devient ainsi raffaellobellino.blog. Simplissime !

Paradoxalement, ce changement de nom et d’adresse – qui est une simplification de la forme – va entrainer également un changement de « ligne éditoriale » – qui sera une complexification du fond. 

Avec « Les Trois Étendards », je souhaitais créer un site ouvertement masculiniste. En conséquence, je me limitais autant que possible à parler uniquement des sujets relatifs aux relations hommes/femmes, à la « Red Pill », au féminisme, etc… Avec ce nouveau nom, je me permets une liberté que je n’avais pas avant : écrire sans me restreindre à un seul sujet. Bien sûr, dans la mesure où on ne se refait pas, je vais continuer à évoquer mes « thèmes de prédilections », mais désormais, ce site sera un peu moins spécialisé.

Je m’étais assigné des limites, un territoire à défendre, une doctrine à développer. Cet « esprit de système » est un défaut français qui a contaminé l’Italien bordélique que je suis. J’ai longtemps cru qu’il fallait tenir une sorte de position, tenir un cap, me cantonner à une « sphère ». Sauf que ce monde est trop vaste, trop complexe et trop chaotique. 

Alors merde. L’ancien nom commençait à me peser, à me cacher la vue, presque à m’étrangler. Je commence à crever, seul, dans la petite boite dans laquelle je me suis placé tout seul, ma petite « prison portative intérieure ». (Ne riez pas, vous construisez vous aussi vos propres petites prisons intérieures. Tachez de les identifier. Ce n’est pas facile, puisque ce sont précisément les choses que vous vous cachez à vous-même). 

Je n’ai jamais écrit pour plaire (on n’écrit jamais sur de la « Red Pill » pour plaire… c’est bien connu… certaines vérités sont pas bonnes à lire…). Désormais, je n’écris pas non plus pour une « cause » à défendre. J’ai toujours écrit parce que « ça déborde de moi ». Voyez-vous, écrire, c’est un peu comme éjaculer dans une femme. Vous le sentez venir en vous, vous désirez ardemment décharger, vous ne pouvez plus vous retenir, et enfin, voilà ! C’est sorti. Mais aussitôt, c’est la débandade, la « période réfractaire », la « petite mort ». Cette sensation de flottement et de perte de contrôle juste après l’orgasme. La prolactine remplace la dopamine dans votre corps, et déjà, vous tombez dans un profond sommeil. Avec l’écriture, c’est pareil : les mots montent en vous – ou plutôt, à travers vous – vous les écrivez de manière instinctive, animale, excitée. Et dès que l’article est écrit, vous vous relisez, et ce n’est déjà plus vraiment « vous ». Écrire des mots est à l’esprit ce que l’éjaculation est au corps, une force profonde, une énergie considérable qui vient d’en-dessous de vous et qui va au-delà de vous. Tout ce que vous pouvez faire, c’est canaliser cette force, la transmuter souvent, la sublimer parfois. Avec ce nouveau nom, je tente une sublimation.