Golden Age Mindset. IX

Aucun homme ne peut se cacher.

Qui dépend du monde reste englué dans les zones les plus basses de l’existence. Toute ta vie, tu as cherché hors de toi de la sécurité, de la validation, et des bonheurs éphémères, continuellement suspendu entre la peur et l’espoir, les racines de la dépendance.

Ta vie, comme celle de tous les êtres dépendants, est horrible. C’est un esclavage. Des années et des années passées devant un bureau, assis, à perpétuer la médiocrité et la pauvreté sans même éprouver le plus petit désir de t’évader de cette prison.

Il n’y a rien au dehors. Aucun secours ne peut te venir de l’extérieur. Il n’y a rien en dehors de toi. Ce que tu appelles le « monde » n’est qu’une conséquence. Ce que tu appelles la réalité est la matérialisation, le reflet de tes rêves ou de tes cauchemars.

Tu dois comprendre que c’est le monde qui est en toi, et non l’inverse ! Ce qui est dans le monde extérieur et ce qui lui appartient ne peut ni te secourir, ni te sauver. Tu dois aspirer à la liberté, quitter la foule des désespérés. Tu dois t’imposer une nouvelle façon de ressentir. Tu dois conquérir l’immensité qui est en toi.

Si tu élargis ton horizon, tu verras le monde rapetisser. L’idéal et la réalité sont une seule et même chose. Tu dois chercher l’intégrité, et ce qui pour les autres est une montagne inaccessible ne sera pour toi qu’une simple action à accomplir sans même y penser.

Dire que le monde est le reflet de tes états intérieurs signifie que chaque malheur qui t’arrive est la représentation scénique du drame qui est en toi. Cet évènement négatif, comme tous les autres évènements, n’est que le révélateur de tes états d’âme. Même si tu cherches à te le cacher en multipliant les reproches et en ayant de cesse de te lamenter, ce sont tes jérémiades, comme un rite inversé, qui t’ont apporté tous tes problèmes et tous tes malheurs.

Chacun de nos actes les plus infimes, chacune de nos perceptions et de nos pensées, nos moindres gestes, les moindres expressions de notre visage s’enregistrent dans l’éternité. Ton attitude de chaque instant, tel un photogramme du film de ta vie, traduit l’élévation ou l’abaissement de ton âme et te met en syntonie avec tout ce qui adviendra.

Un homme ne peut pas se cacher ! Ici et maintenant, tu es devant l’existence. Ici et maintenant, il n’y a ni groupe, ni partis, ni syndicat, ni Église, ni faculté, ni travail. Tu ne peux rien emporter de ton passé, pas même le mensonge de ton nom ou de ton rôle. Ici et maintenant, il n’y a pas de garde-fou auquel tu puisses t’agripper. Ici et maintenant, tu es seul face à toi-même.

Tu dois cesser d’avoir peur et de te cacher ! Une part de toi-même doit mourir parce qu’elle est absurde. Cette mort est une chance extraordinaire que toi seul dois saisir.

Si tu travailles sans relâche, si tu consacres autant de temps à ce labeur que tu en as consacré à te nuire, un jour le temps éclatera, un tunnel s’ouvrira devant toi qui te guidera vers la partie la plus réelle, la plus vraie de toi-même, cette part de l’être à laquelle chaque homme doit un jour se raccorder : le Soi !

Quand tu t’oublies, tu retombes dans les ornières de la répétitivité. À chaque fois, tu refais le parcours de ta vie avec anxiété, mais tu oublies que tu as déjà vécu tout cela. Rien n’est extérieur ! Mais tu recherches encore ta sécurité dans le regard des autres. Tu cherches encore le bonheur et des réponses dans un monde atteint de la même maladie que toi. Le monde est ta peau. Tu es le monde ! Tu ne rencontres jamais que toi-même. Et les autres ? Mais les autres ne sont que le « toi »… extérieurs à toi ! Ils sont des fragments de toi disséminés dans le temps, les reflets d’une psychologie désintégrée.

Attention à l’illusion fatale qui nous incite à croire à une altérité, à l’existence d’un univers extérieur à nous qui serait doté d’une volonté propre et dont dépendrait notre destin. Voilà le pire péché de tous !

La première éducation reçue nous enseigne à concevoir la réalité comme une entité extérieure qui peut décider, agir et nous imposer sa volonté. Voilà pourquoi l’homme est toujours confronté à un univers qu’il perçoit comme une menace et dont il est irrémédiablement victime.

C’est pourquoi le nanisme psychologique frappe les hommes. Ils sont plus petits que des insectes. Ils vont de par le monde la queue entre les jambes, ils nourrissent des sentiments de culpabilité, ils ont peur.

Parvenu à ce niveau de dégradation, un homme ne peut que trahir, accuser, se plaindre, s’apitoyer sur son sort et mentir, se mentir à lui-même en se persuadant qu’il a découvert son problème, que sa vie est parfaite sauf pour de rares petits détails, un problème isolé ou une contrariété passagère.

Dans son aveuglement, il refuse d’admettre que les petits désagréments, les détails apparemment anodins cachent une maladie généralisée. Pour que ne change ne serait-ce qu’une particule de sa vie, il doit tout changer, il doit renverser sa façon de penser, ses idées, sa vision convenue du monde !

Quand tu comprends enfin que tu as créé ce qui est extérieur à toi, que c’est toi qui renfermes le monde et non pas l’inverse, quand tu te rappelles que tout ce que tu vois, écoutes et touches est le fruit de ta création, tu ne peux pas en avoir peur.

Tu ne dois pas oublier que le monde, les autres sont l’expression la plus honnête et la plus sincère de ce que tu es vraiment. Le monde est tel qu’il est parce que tu es tel que tu es.

Le paradis terrestre est la projection d’un état intime, d’un « paradis portatif ». Pour garder ce paradis intact, pour ne pas en disperser les atomes, il faut constamment être sur ses gardes, n’avoir de cesse d’intervenir. Intervenir signifie entrer dans les tréfonds les plus obscurs de l’âme pour y répandre la lumière.

Si tu laissais une seule poussière d’enfer entrer dans ton paradis, tout ceci disparaîtrait. Pour mériter un paradis et le conserver, tu dois savoir le mettre à l’abri de toute médiocrité, de toute inattention et de tes morts intérieures. Un homme solaire projette sa luminosité, un monde heureux, intègre, et fait en sorte que rien ne le ternisse.

Les pensées et les émotions de l’homme ont des propriétés physiques, des couleurs et des odeurs qui trahissent à distance ses états d’âme et son niveau de responsabilité.

Le monde est la représentation parfaite de tes états affectifs. Le monde est tel qu’il est parce que tu es tel que tu es et non l’inverse.

Si l’homme se souhaite le bien, la prospérité et la santé, ce n’est qu’apparences. S’il pouvait s’examiner, se connaître intérieurement, il entendrait en lui un chant de douleur, l’incessante prière qu’il adresse au malheur dans l’attente d’avènements terribles, probables et improbables.

La vie de l’homme ordinaire est une vie à sens unique. Il ne sait aller que vers sa fin. Il ne croit qu’à sa mort, il n’est loyal qu’à elle. La décision de se tuer est sa seule liberté. Le corps est indestructible. C’est nous qui l’autorisons à se détruire. Les pensées et les émotions que nous lui imposons d’avoir créent le vieillissement, la maladie, l’échec et la mort. Ce qui arrive dans ton corps arrive dans le monde extérieur. Le monde est tel que tu es, et tu es ce corps sans naissance ni mort.

Comme des millions d’hommes, tu as choisi de te supprimer au moyen de tes peurs, de tes pensées destructrices. L’être profond a un côté noir que l’homme hérite de la première éducation qu’il a reçue, une disposition destructrice, la volonté de se nuire d’abord, et de nuire ensuite aux autres.

L’auto-sabotage et la loyauté envers la mort sont des caractéristiques dominantes de ta psychologie, presque une seconde nature que tu exprimes par un désir irrésistible de suicide. Il te suffit d’oublier que tu es le créateur, l’artisan et le maître absolu de tout et de toute chose pour te prendre au piège d’une affligeante représentation du monde.

Tu vis tel un mendiant aux prises avec la culpabilité et un constant sentiment d’échec, tu es victime du chant de douleur qui te bombarde d’images et de pensées destructrices.

Tu dois t’examiner ! Entrer dans les recoins les plus sombres de l’être. Tu dois cerner en toi le moindre soupçon de doute et de peur. Tu dois te faire violence ! Tu t’imposes le bonheur, le confort, la certitude. Ce n’est pas l’état du monde qui te rend malheureux, c’est ton chant de douleur qui crée tous les malheurs du monde.

Ton corps ne saurait mentir. Il est un révélateur de l’être. Il devrait constamment vibrer de plaisir, de joie, comme celui d’un enfant, mais il ne sait plus comment. Ton corps ne sait pas mentir.

Ton corps, la pâleur de ton visage, tes yeux fatigués, prouvent que tu as déjà renoncé à vivre, que tu as déjà déclaré forfait. Ton projet inconscient de hâter ta rencontre avec la mort physique est visible pour tous, sauf pour toi !

Pour réduire son corps à un tel état, un homme doit avant tout se profaner lui-même. Il est un animal blessé qui perd son sang et qui laisse des traces pour que son prédateur le trouve et le tue. Hors de la jungle, les lois de la vie sont les mêmes. L’être, le corps, le monde sont une seule et même chose !

Tout ce que tu vois et touches est lumière solidifiée, tout ce que tu perçois n’est que projection de tes organes. Ceux-ci ne représentent pas seulement ce qui, en toi, est au plus près du monde, ils sont les véritables constructeurs, artisans et créateurs de ton univers.