Réflexions sur le célibat. 

Le célibat est l’état d’une personne adulte qui n’est pas mariée. Rester célibataire est, aujourd’hui, dans le monde moderne, un choix parfaitement logique. Ne pas se marier, ne pas fonder de famille, n’est pas nécessairement un « accident biographique » ou un « renoncement », c’est, dans les conditions actuelles du marché sexuel, la conséquence presque naturelle de l’évolution de la société (mais je devrais plutôt dire, de « l’involution » de la société).

 Commençons par définir ce que les partisans du mariage nous proposent de conserver : la « famille ». Quand on me parle de « la Famille » (avec un « F » majuscule en tant qu’institution sociale), on parle en réalité de quelque chose qui a cessé d’exister depuis très longtemps. Ce qui donnait autrefois son unité à la famille — un caractère organique, social, consacré par un rite religieux réellement vécu — s’est effacé. Il ne reste, dans l’immense majorité des cas, qu’une institution de mentalité petite-bourgeoise, tenue ensemble par l’habitude, l’utilité pratique et économique et un vague « sentiment », plutôt que par un principe qui dépasse les deux individus concernés.

Le pivot de l’ancienne famille, c’était l’autorité du chef de famille, l’homme en tant qu’époux et père — au sens premier du mot latin « pater » : « seigneur », « souverain » — et cette autorité a disparu avec l’effondrement général des hiérarchies traditionnelles. L’homme en tant qu’époux n’est guère respecté par sa propre femme. L’homme en tant que père n’est pas plus respecté par ses propres enfants, et c’est souvent de sa propre faute puisque le « papa » moderne n’est rien de plus qu’un pourvoyeur qui n’exerce plus aucune fonction de transmission et de formation à ses enfants. La femme moderne en tant qu’épouse et mère, en ce qui la concerne, est très loin d’être et d’incarner ce qu’étaient ses grands-mères. Trop absorbée par son « travail » et sa « carrière », elle n’a plus la possibilité d’incarner un centre stable pour ses propres enfants. D’ailleurs, j’irai même jusqu’à dire que les mères modernes ne sont même plus capables d’être des mères tout court. J’en veux pour preuve ce que j’observe fréquemment dans le quartier où je travaille à Paris, quand je croise des enfants. La plupart du temps – je dirai dans 80 à 90% des cas – je vois des enfants blancs en poussettes qui sont accompagnés et gardés par des grosses africaines. Je ne peux pas concevoir qu’on crée des enfants – littéralement chair de notre chair et sang de notre sang – si c’est pour les faire garder par des africains. Comment peut-on raisonnablement faire cela ? On me répondra que les femmes doivent « travailler », mais même en admettant les « nécessités économiques », je ne comprends pas comment une femme blanche puisse préférer être assise 8 heures par jour sur une chaise, dans un bureau éclairé par des néons, à regarder un écran et remplir des cases Excel, en donnant la garde de ses propres enfants à des étrangers – et des étrangers d’une autre race, de surcroit. Cela dépasse ma conception du monde. Je veux dire, comprenez ceci ; j’ai un chat et je suis physiquement, émotionnellement et mentalement incapable de le confier à quelqu’un d’autre qu’à un membre de ma propre famille. Je ne pourrais pas confier mon chat à un étranger ou à un non-blanc. Je ne dis pas cela par excès, ni pour choquer, ni même par racisme. Je dis seulement que confier la garde d’un chat (qui n’est et qui reste, disons-le fondamentalement, qu’un animal…) à autrui est pour moi impossible émotionnellement. Et pourtant, des femmes arrivent à confier à n’importe qui leurs propres enfants qui sont nés de leurs propres matrices et qui ont passés 9 mois dans leurs propres corps… Ça me dépasse à un niveau que je ne peux même pas imaginer. Qu’est-ce que cette « famille » qu’on me demande de fonder ici ? J’avoue ne pas comprendre cette volonté de mener une vie dans laquelle un couple se permet de procréer pour ensuite commettre le double crime d’abandonner ses propres enfants à autrui, et de ne rien leur transmettre. La « famille moderne » est le plus souvent un assemblage extrinsèque, exposé par nature à l’érosion de tout lien affectif profond — et il me semble malhonnête de la part de tout ce qui se situe à « Droite » politiquement, de continuer à la présenter comme une cellule « sacrée » de la société alors qu’elle a perdu, dans les faits, tout ce qui pouvait justifier ce mot. 

Ce constat vaut aussi pour le mariage lui-même, y compris dans sa version religieuse. Le mélange de sacré et de profane qui caractérise le mariage catholique indissoluble n’est, à l’examen, qu’une façade : les unions théoriquement indissolubles sont en réalité instables, et la morale bourgeoise ne se soucie que de sauvegarder les apparences, pas la substance du lien. Dans le monde moderne, le mariage catholique n’a pas plus de signification que le mariage civil. Dans le monde moderne, le mariage se réduit à un contrat profane sans rien d’absolu, quel que soit le vernis religieux ou juridique qu’on veuille bien lui appliquer.

C’est de ce constat que découle ma position centrale, celle qui touche directement à la question du célibat. Je ne peux tout simplement pas accorder au mariage, à la famille, à la procréation, la valeur qu’on voudrait m’imposer — parce que rien de tout cela ne me parle plus vraiment, même si, je le confesse ici, j’y ai cru pendant quelques années, quand j’étais plus jeune. 

Mais à ma décharge, quand j’étais plus jeune, j’étais davantage naïf, romantique, et surtout, très inexpérimenté en ce qui concerne la nature des femmes. En vieillissant, avec l’expérience et avec une meilleure compréhension du monde moderne, j’ai fini par comprendre qu’il ne servait à rien à se conformer à des « idéaux » ou des « pratiques » qui ne correspondent plus à rien dans cette époque avancée du Kali-Yuga. Pour le dire autrement, ce qui était encore applicable à nos grands-pères et arrière-grands-pères n’est tout simplement plus applicable aujourd’hui. Les « mœurs » ont trop changé. Les anciennes « barrières » qui permettaient jadis aux hommes de « canaliser » la nature féminine n’existent plus. Et désormais, les trois éléments qui caractérisent le comportement féminin (hypergamie, loi de Briffault et solipsisme) ne sont plus équilibrées par des contre-mesures. Sur ce point, soyons honnête : il n’a jamais été possible d’effacer ou de supprimer entièrement l’hypergamie, la loi de Briffault et le solipsisme féminin, dans aucune société et à aucune époque. Mais il existait des moyens de canaliser ces forces féminines d’une manière ou d’une autre. Aujourd’hui, cela n’existe plus, et chaque jour amène son lot d’exemples sur les réseaux sociaux qui démontrent que les femmes sont totalement hors de contrôle et détruisent couples, familles, enfants et relations sans la moindre hésitation.

Je veux pouvoir, dans un monde comme celui-ci, disposer absolument de moi-même, jusqu’à l’extrême limite de la vie. Les liens du mariage me conviennent mal, non pas parce que le mariage serait « mauvais » en lui-même, mais parce que tout mariage constitue en principe un équilibre, une polarité entre le féminin et le masculin, en vue de quelque chose qui dépasse les deux individualités qui forment le couple, et que cette conception n’existe plus de nos jours. Aujourd’hui, dans une société si gynécocratique qu’elle en (re)devient barbare, la chose, dans les conditions actuelles, me paraît en elle-même dénuée de sens. 

Parlons aussi du sujet qui fâche tant de femmes et qui est lié au sujet du « bodycount » qui revient fréquemment sur les réseaux sociaux : la question de la virginité des femmes. Cette dernière est l’élément fondamental de la réussite d’un mariage. Les données qui démontrent qu’un mariage réussi est un mariage dans lequel la femme est vierge sont nombreuses, constantes et irrévocables (Consultez les données dans le graphique ci-après). Le sujet est tellement bien documenté que ça en devient une constante de l’univers au même titre que la gravité ou l’électromagnétisme : le mariage ne fonctionne qu’à la seule et unique condition que la femme soit vierge. Et dans le monde moderne, non seulement cette condition n’est presque plus jamais remplie, mais également, il y a encore des hommes qui demandent en mariage des femmes alors même qu’ils savent 1) qu’elles ne sont plus vierges et 2) qu’elles ont un bodycount élevé. Et plus le bodycount est élevé, plus vous êtes certain que la relation ne fonctionnera pas, du fait de l’impossibilité physique des femmes de s’attacher émotionnellement à leurs partenaires successifs. Sur cette question, j’ai plutôt tendance à en vouloir aux hommes qu’aux femmes, car ce sont les hommes qui demandent en mariage les femmes, et ils ignorent (volontairement ?) le passé des femmes (ce qui arrange bien ces dernières, il faut bien l’admettre). Épouser une femme qui n’est pas vierge, c’est un rituel d’humiliation. Tout homme qui se respecte préfèrera le célibat à une relation maritale avec une bodycounteuse expérimentée. Comprenons-nous bien : il n’y a rien de mal à se « mettre en couple » avec une femme qui a connu d’autres hommes avant vous, mais ne l’épousez pas. 

Bien, au-delà de cette question du bodycount, et pour revenir au cœur de mon sujet, à savoir le mariage et la famille, il faut définir ce qui doit être accompli : le mariage ne devrait pas servir à se reproduire « horizontalement », en se contentant d’engendrer, mais « verticalement », en élevant sa lignée (cette distinction est de Nietzsche : « Tu ne dois pas seulement propager ta race plus loin, mais aussi plus haut. Que le jardin du mariage te serve à cela », Ainsi parlait Zarathoustra). C’est la justification supérieure possible du mariage et de la famille. Chez Nietzsche, cette image s’inscrit dans son projet du surhomme : l’homme actuel n’est qu’une étape de transition, et le mariage devrait servir à préparer, à travers la lignée, l’avènement d’un type humain supérieur — quitte à ce que les parents se sacrifient et s’effacent devant cet enfant à venir. Un mariage n’a de justification supérieure que s’il sert à élever une lignée, pas simplement à la perpétuer. Or cette justification n’existe plus aujourd’hui, parce que les processus de dissolution qui traversent nos sociétés ont brisé les liens spirituels profonds qui pouvaient unir une génération à l’autre. J’en veux pour preuve ultime la génération des Boomers qui se sont contentés – en masse – de « procréer » sans rien transmettre (et même pire, non seulement ils n’ont rien transmis, mais ils ont surtout détruit tout ce qu’ils ont pu détruire avec un égoïsme, une férocité et un fanatisme aveugle qui n’a pas d’autre comparaison dans l’histoire de l’espèce humaine). Les boomers, en tant que génération, n’ont jamais été des pères. Ils ont été des hommes qui ont éjaculé dans un vagin et qui ne se sont pas soucié une seule fois de cet acte procréatif. Le fait d’être un véritable père (c’est-à-dire encore une fois, au sens du mot latin « pater », « seigneur », « souverain »), n’a jamais pénétré leur esprit. Je me demande même s’ils se sont rendus compte qu’ils avaient des descendants. A en croire leur volonté d’acier de conserver le moindre centime de retraite au détriment des actifs, je pense que les boomers ne réaliseront jamais qu’ils ont été, à un moment donné, un « papa » dont les enfants attendaient quelque chose, ne serait-ce qu’un peu de considération. Les boomers ont été une génération de procréateur, et non de pères.

Depuis cette génération maudite, que peut-on faire à notre tour ? Même si je conservais, en tant que père hypothétique, une qualité qui dépasse le simple fait biologique, cette qualité serait paralysée par le climat de dissociation qui caractérise la jeunesse contemporaine. Avoir des enfants, dans ces conditions, ne garantit en rien la transmission d’un héritage intérieur : le lien du sang ne coïncide plus avec la continuité spirituelle, culturelle, raciale, émotionnelle et patrimoniale. Le lien a été brisé. Dans une société où il n’y a plus d’hommes, et où il n’y a plus de père, alors très logiquement, il n’y a plus de fils. Le « mariage horizontal » (reproduire pour se reproduire, ce qu’on fait les boomers) est un mariage qui n’a aucune valeur, qui n’a aucun sens (comme tout ce qu’on fait les boomers). Réaliser un « mariage vertical » (élever une lignée) constitue la seule forme de mariage qui aurait une valeur et un sens. Mais cela suppose 1) de fonder une famille avec un femme vierge, ce qui est mathématiquement impossible pour les hommes modernes et 2) de transmettre un héritage particulier (je veux dire par là quelque chose de spirituel, d’intérieur, et non pas de simple patrimoine immobilier ou financier), ce que les hommes et les femmes modernes sont incapables de faire car ils ne sont eux-mêmes que des individus déracinés et transparents. Encore une fois, un homme digne de ce nom ne peut que constater l’impossibilité métaphysique du mariage, et par conséquent la nécessité métaphysique du célibat, dans les conditions actuelles du monde moderne. 

Il convient maintenant de s’attarder sur les conséquences de choix du célibat pour un homme. Car ce serait mal me comprendre que de croire que je prône une forme « d’incelisme », de rejet des femmes en général, ou de rejet du couple. Je tiens ici à séparer nettement deux questions qu’on a l’habitude de confondre : le problème de la famille et du mariage, qui relève du domaine politique, social, économique et patrimonial, et la question sexuelle, que je considère comme un problème strictement personnel. Cette distinction n’a rien de « normal » dans l’absolu — dans un monde vraiment cohérent, les deux plans se rejoindraient — mais elle s’impose à moi dans un monde en dissolution comme le nôtre. Dans un monde optimal, le plus grand nombre possible d’hommes et de femmes (vierges) formeraient chacun un couple marié (avec enfants). Mais nous ne vivons pas dans un monde idéal, nous visons dans un monde brisé. ~42 % de l’ensemble de la population française adulte est marié. En 1960/1970, la quasi-totalité des personnes en couple étaient mariées (97 % en 1962 !). Le nombre annuel de mariages dépassait 400 000 (pic à 417 000 en 1972). Depuis les années 1980, la nuptialité a chuté avant de se stabiliser autour de 230 000 à 250 000 mariages par an. On se marie nettement plus tard. L’âge moyen au premier mariage est passé de ~24 ans dans les années 1970 à plus de 37 ans pour les femmes et 39 ans pour les hommes (vous pensez que beaucoup de femmes sont encore vierge à 37 ans ? MDR). En 1990, 27 % des ménages ne comportaient qu’une seule personne. Aujourd’hui, près de 39 % des ménages sont composés d’un individu seul. Et ne me lancez pas sur les statistiques du divorce, sinon cet article va quadrupler de volume ! 

J’ai copieusement écrit sur l’hypergamie, donc je ne reviens pas sur ce sujet dans cet article. Tout ce que j’ai à dire est que d’une manière ou d’une autre, l’homme doit s’adapter aux conditions actuelles. Comme je l’ai montré dans la première partie de cet article, la première adaptation au monde moderne consiste naturellement à ne pas se marier. Mais il faut maintenant étudier ce qu’un homme peut faire en ce qui concerne les femmes et le sexe. 

Il ne sera pas question ici de porter un jugement sur les femmes. Oui, elles fonctionnent d’après l’hypergamie, la loi de Briffault et le solipsisme. Il faut accepter cet état de fait sans porter de jugement sur la sexualité. Il faut éviter si possible la tendance occidentale qui consiste à faire de la sexualité l’étalon principal de la moralité, une obsession largement absente de l’Antiquité classique et héritée d’une christianisation qui a soudé le sexe et le péché. Acceptons donc les femmes modernes comme elles sont, mais en prenant soin de ne pas les épouser.

On pourrait croire que je m’apprête, à partir de là, à célébrer sans réserve la libération sexuelle contemporaine, puisqu’elle dissout justement cette vieille « institution » du mariage, qui n’a pas le moindre sens aujourd’hui. Ce n’est pourtant pas mon avis. J’y vois un phénomène ambivalent, porteur d’une possibilité positive purement théorique, mais qui débouche, dans l’immense majorité des cas, sur deux impasses. La première impasse fondamentale de la libération sexuelle est ce que j’appellerais la dérive « naturaliste » : un sexe libéré des tabous mais banalisé, réduit à un fait biologique sans intensité ni tension, où hommes et femmes se côtoient sans plus aucune polarité. C’est ce qui arrive à la génération des Zoomers qui, d’après les statistiques et données que je grapille ici ou là, sont la génération la moins sexuelle de toute. J’ai l’impression que chez les plus jeunes d’entre nous, le sexe est certes libre, mais totalement dépolarisé. Je vois cela sur Instagram ou les femmes ne font que poster des photos d’elles et de leur corps – le thirst trap comme art photographique – et ça forme comme un érotisme diffus, presque impersonnel, où la personne réelle n’est souvent qu’un support à peine habité et « incarné » derrière l’image qu’on projette sur elle. Les zoomettes ont l’air incroyablement sexy, mais très peu « érotiques », peu sensuelles. Du moins, c’est l’image qu’elles semblent projeter sur les réseaux sociaux. La seconde impasse est celle du sexe-succédané : dans un monde où le sens de l’existence fait défaut, la sexualité devient, un peu comme n’importe quelle autre activité à forte charge dopaminergique, une recherche de sensations destinées à couvrir un vide plus profond qu’elle ne peut jamais vraiment combler. Face à ces deux dérives, je crois qu’il existe une troisième voie, authentique mais rarissime dans les conditions actuelles : celle d’une sexualité capable de retrouver — sporadiquement, à la faveur d’une rencontre exceptionnelle — sa dimension presque dangereuse, telle qu’elle a pu exister dans certaines traditions anciennes avant d’être dissoute dans le sentimentalisme bourgeois du mariage, ou dépolarisée par la sexualisation impersonnelle des réseaux sociaux et applications de rencontre. C’est une chose très rare. Moi, c’est ce que j’appelle des « K-girls » (abréviation pour « Karmic Girlfriend »). La plupart des relations modernes sont peu satisfaisantes, mais de temps à autre, vous rencontrerez une femme avec qui « quelque chose doit se passer », une copine avec qui vous avez manifestement un Karma à résoudre (ou un Dharma à honorer, selon que la relation vous apporte quelque chose de positif). En dehors de ces cas où vous rencontrerez une femme que vous DEVEZ rencontrer car c’est votre destin, pour des raisons de croissance personnelle et spirituelle au-delà de votre compréhension, les autres femmes ne sont que des amusements, des occupations, et vous ne devriez pas y accorder plus d’attention que ça. Les femmes modernes ont fait le choix collectif du féminisme, et donc, de ne pas être des épouses et des femmes avec qui on fonde une famille. Elles ont fait le choix de « s’amuser » (baiser avec Chad et avoir un Bodycount élevé) en pensant (sincèrement) qu’une homme Beta les demandera en mariage aux alentours de la trentaine. C’est leur stratégie. Elles appartiennent à plusieurs hommes successivement. Quand c’est « votre tour », ne pensez pas que vous êtes celui qui « les sauvera » d’elles-mêmes, et ne commettez pas l’erreur… de vous commettre avec elles. Restez libre. Les femmes ont fait le choix collectif de se « commoditiser », c’est-à-dire de faire d’elles même des « commodities » au sens anglo-saxon du terme : une matière première, un produit de base ou un produit standardisé échangé sur les marchés mondiaux, comme l’or, le Bitcoin, le pétrole ou le blé. Les femmes ne sont plus l’épouse d’un homme, mais des « copines » tantôt avec un homme, tantôt avec un autre. Les femmes modernes sont à usage récréatif, alors amusez-vous et ne les prenez pas au sérieux, sauf les relations avec vos Karmic Girlfriend qui sont d’une importance particulière dans votre chemin de vie. N’ayez pas de doutes ou d’appréhension : vous saurez distinguer intuitivement entre une Karmic Girlfriend et une simple « copine ».

Tout cela constitue mon avis, et vous pouvez penser différemment : si vous souhaitez à tout prix vous marier, alors mariez-vous. Si vous souhaitez rester célibataire, alors restez célibataires et enchaînez les relations occasionnelles. Idem, si vous souhaitez avoir des enfants, alors qu’il en soit ainsi. Mais dans tous les cas, je souhaite que vous soyez conscient de ce que vous faites. Vous pouvez faire ce que vous voulez, mais soyez conscient de toutes vos actions et surtout de toutes les conséquences de vos actions. C’est le point le plus important. Par « conscience », j’entends réellement le fait de savoir ce qui guide vos actions. N’agissez pas simplement par pulsion sexuelle, affective ou émotionnelle, comme le font les hommes en général. Quel que soit votre choix, vous devez demeurer conscient des conséquences que vos actions engendreront sur vous-même et sur autrui, en particulier si le « autrui » en question est un enfant à naître. Je dirai que « l’avantage » de l’option que je propose, à savoir demeurer dans un état de célibat, est que c’est l’attitude qui impacte le moins autrui. Le fait de rester célibataire n’impacte que vous, et vous n’engendrez ainsi aucun karma sur une autre personne, que ce soit une femme ou un enfant.

En ce qui me concerne, je réfléchis beaucoup en ce moment sur la question de l’Amour (avec un grand « A ») en me posant la question suivante : « Est-ce que je crois encore en l’Amour ? ». Cette question me préoccupe car elle est centrale dans la vie qu’on veut mener. En effet, il est impossible de se décider à se mettre en couple si on ne croit pas à ce qu’on fait (et c’est dommageable pour la femme à qui on fait croire des choses qui n’existent pas). J’ai connu des femmes, que je croyais « amoureuse » de moi, se donner à d’autres hommes avec une telle soudaineté et une telle vitesse que ça m’en a donné le vertige et disons-le, de véritables traumas. J’y pense encore parfois des années après. Comment peut-on encore aimer après avoir vu tout ce dont les femmes sont capables ? Je sais que les hommes sont de plus en plus nombreux à se poser cette question, étant donné la façon dont les femmes modernes passent d’un homme à l’autre. Il est fondamental que quelqu’un apporte une réponse à cette épineuse question.

Je crois que je n’arriverai plus jamais à me satisfaire d’une conception romantico-bourgeoise de l’amour comme fusion des âmes, avec son fond pathétique et dramatique. Je ne cherche pas non plus le sens de ma vie dans une personne, pas plus que je ne le chercherais dans une famille ou des enfants. En ce moment, je m’exerce à renoncer, si je veux rester cohérent avec moi-même, à l’ambition de « posséder » complètement l’autre en tant que personne, chose que je ne parvenais pas à faire jusqu’à encore récemment. 

L’attitude qui me semble juste est celle d’une certaine distance, compatible avec un respect mutuel réel — des rapports fondés sur la loyauté, la camaraderie, l’indépendance et le courage, où chacun reste conscient d’être un être à part, et où l’on ne surmonte son isolement existentiel que le temps de ce que procure une vraie rencontre. Je n’ai besoin, pour ma part, d’aucune confirmation extérieure de mon existence ; j’ai tout au plus besoin, ponctuellement, d’un lien — mais pas d’un lien qui m’engage à vie.

Je ne prône pas le célibat comme renoncement au désir en tant que solution applicable à tous les hommes — cette voie-là, celle de la chasteté volontaire, relève d’une vocation ascétique particulière qui n’est accessible qu’à un très petit nombre d’hommes qui s’adonnent avec patience et persévérance à des périodes de rétention séminale et de transmutation sexuelle. Ce que je refuse, c’est le mariage et l’engagement familial comme structures institutionnelles, parce que ces structures ont perdu, à mes yeux, toute justification qui dépasse la convention sociale et l’inertie. Rester libre de tout engagement institutionnel n’est donc pas pour moi une posture de rébellion affichée, mais une conséquence directe de la lucidité : je ne vois pas de raison de m’engager dans une institution vidée de son sens, simplement par conformisme ou par peur de la solitude. 

Pendant que je serais en vacances au mois d’aout, je pense que je vais profondément réfléchir à ces questions. Si j’arrive à savoir si je crois encore en l’Amour, je pense que j’aurai fait un énorme progrès sur le plan personnel. Je suis, en ce moment, et depuis ma récente « crise » de Kundalini dont j’ai parlé il y a quelques semaines dans un article, à la recherche d’une synthèse complète et cohérente entre la Pilule Rouge, le masculinisme, le féminisme, le constat du monde moderne, le comportement des femmes contemporaines, l’énergie sexuelle, et la possibilité de l’amour. Mes actuelles interrogations et expérimentations donneront lieu à de prochains articles qui, je l’espère, vous plairont.